Google I/O 2026 : merci de nous avoir prévenus, on va ranger nos sites

Sundar Pichai — PDG de Google, maître du monde de la recherche, et grand ami des créateurs de contenu

Applaudissements. Vraiment. Chapeau bas.

Google vient d’annoncer en grande pompe, devant une salle acquise à sa cause, que ses agents IA allaient désormais naviguer le web à notre place. Chercher pour nous. Comparer pour nous. Acheter pour nous. Le tout avec le sourire bienveillant d’une entreprise qui ne pense qu’à notre confort. Bah voyons !

Ce qu’ils ont omis de mentionner dans le keynote, ces braves gens — entre deux slides animées et trois démonstrations bluffantes — c’est le détail suivant : si l’agent clique à votre place, vous, vous ne cliquez plus. Et si vous ne cliquez plus, les sites que l’agent consulte en votre nom ne voient jamais votre visite. Ni votre publicité. Ni votre abonnement. Ni votre panier. Pas un kopek !

Trafic divisé par trois. Certaines études avancent ce chiffre. D’autres parlent de 58 % de clics en moins sur les requêtes informationnelles. Peu importe la précision — l’ordre de grandeur est là, et il est dévastateur. J’en cause depuis plusieurs semaines, ce coup-ci, ayé, on y est !

Mais rassurez-vous : Sundar Pichai — PDG de Google, maître du monde de la recherche, et grand ami des créateurs de contenu — souriait.

Sundar Pichai — PDG de Google, maître du monde de la recherche, et grand ami des créateurs de contenu
Sundar Pichai — PDG de Google, maître du monde de la recherche, et grand ami des créateurs de contenu

Ce qui se passe là, c’est la fin d’un contrat tacite qui tenait Internet debout depuis des décennies. Google indexe le web, oriente les gens vers les sites, les sites vivent de ces visites. Tout le monde était gagnant — enfin, surtout Google, mais passons. Ce contrat, personne ne l’a résilié officiellement. On a juste découvert, en regardant le keynote, qu’il était caduc depuis un moment déjà.

Les médias, les blogs, les comparateurs, les petits e-commerçants, les agences qui ont bâti leur modèle là-dessus : vous êtes les dommages collatéraux d’une « avancée technologique majeure ». Ne le prenez pas mal. C’est le progrès.

Ce qui m’énerve — vraiment — c’est la mise en scène et qu’on nous prend – one more time – pour des saucisses !

Le discours victoire. L’habillage « ça va changer votre vie » qui dissimule à peine le « ça va changer notre modèle économique et consolider notre monopole encore un peu plus ». Google ne détruit pas le web. Non, non. Google le réinvente. Pour votre bien. Bah voyons !

On a construit des contenus, des audiences, des stratégies entières sur la promesse que produire quelque chose d’utile serait récompensé par de la visibilité. Cette promesse s’effiloche depuis les AI Overviews. Elle vient de prendre un coup de grâce en direct, sur scène, devant des milliers de développeurs qui applaudissaient.

Alors oui, il faut s’adapter. Comme toujours. Mais cette fois, permettez-moi de le dire clairement : on ne nous a pas demandé notre avis. Et on ne nous le demandera plus.

https://io.google/2026/