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Et si l’IA devenait un service public ? Ok mais comment ?

28 juin 2026 Jean-Christophe Gilbert 4 min read

À retenir

  • Bernie Sanders propose de taxer la valeur boursière des géants de l’IA (OpenAI, Anthropic, Google DeepMind) pour créer un fonds souverain redistribué aux citoyens.
  • L’argument central : ces modèles ont été entraînés sur des données produites par tous — livres, articles, recherches, conversations. Une partie de la valeur générée appartient donc au public.
  • La taxe cible la valorisation boursière, pas les bénéfices — car ces entreprises sont structurellement déficitaires. OpenAI affichait une perte de 5 milliards de dollars en 2024 (The Information, 2024).
  • Le modèle de référence : le Government Pension Fund norvégien, 1 900 milliards de dollars accumulés sur les revenus pétroliers, redistribués au bénéfice de 5,4 millions de citoyens (Norges Bank Investment Management, 2024).
  • Sanders veut aussi des droits de vote de l’État dans les CA des entreprises concernées, à parité, pour bloquer les décisions contraires à l’intérêt général.

L’idée de départ

L’avenir de l’IA ne peut pas se décider entre quatre murs à Silicon Valley. Bernie Sanders l’a dit autrement, mais c’est le fond de sa proposition : taxer les géants de l’IA pour créer un fonds souverain au profit des citoyens. Simple, radical, pas si farfelu.

Pourquoi taxer la valeur boursière et pas les bénéfices ?

Les entreprises de l’IA sont toutes largement déficitaires. OpenAI a perdu environ 5 milliards de dollars en 2024 (The Information). Anthropic, Google DeepMind, et les autres ne font pas mieux. Taxer les bénéfices reviendrait à taxer zéro. Sanders vise donc leur valorisation boursière — et elles s’apprêtent presque toutes à entrer en bourse, ce qui rend la fenêtre fiscale concrète.

Le modèle norvégien comme référence

Le fonds souverain norvégien — officiellement le Government Pension Fund Global — gère aujourd’hui environ 1 900 milliards de dollars, constitués des revenus pétroliers de l’État. Il redistribue ses rendements au bénéfice de l’ensemble de la population (Norges Bank Investment Management, 2024). Sanders s’en inspire directement : les données produites par les citoyens sont le « pétrole » de l’IA. La valeur extraite devrait leur revenir. Normal.

Un vrai contrôle démocratique

Sanders ne s’arrête pas à la redistribution financière. Il veut que l’État obtienne des droits de vote dans les conseils d’administration, à parité, pour bloquer les décisions contraires à l’intérêt général. Ce n’est plus seulement une taxe — c’est une forme de gouvernance publique de l’IA.

Le débat, on l’a amorcé ici

Nous l’avons ouvert sur ianature.com. La question n’est pas technique. Elle est politique. Pas au sens politicien du terme. Au sens citoyen. Alors posons-la, cette question. Partout.


FAQ

Qu’est-ce que la proposition de Bernie Sanders sur l’IA ?

Bernie Sanders propose de taxer la valeur boursière des grandes entreprises d’IA (OpenAI, Anthropic, Google DeepMind) pour alimenter un fonds souverain redistribué aux citoyens américains. Il réclame également des droits de vote de l’État dans leurs conseils d’administration.

Pourquoi taxer la valeur boursière plutôt que les bénéfices ?

Les grandes entreprises d’IA sont structurellement déficitaires. OpenAI a perdu environ 5 milliards de dollars en 2024. Taxer les bénéfices reviendrait à taxer zéro. La valorisation boursière, en revanche, est réelle et mesurable — et ces entreprises entrent en bourse.

Qu’est-ce que le modèle norvégien dont s’inspire Sanders ?

Le Government Pension Fund Global norvégien est un fonds souverain de 1 900 milliards de dollars, constitué des revenus pétroliers de l’État, dont les rendements bénéficient à l’ensemble de la population. Sanders propose d’appliquer le même principe aux revenus générés par les données des citoyens.

Les entreprises d’IA ont-elles été entraînées sur des données publiques ?

Oui, en grande partie. Ces modèles ont ingéré des livres, des articles, des recherches académiques, des conversations en ligne — produites par des millions de personnes sans compensation. C’est l’argument central de Sanders pour justifier une redistribution.