C’est les fêtes de fin d’année, on a encore bien le droit de rêver un petit peu ou bien ?

Entre géants technologiques et État surpuissant + la montée en flèche de l’extrème droite un petit peu partout, c’est terrible, horrible, mais c’est comme ça : un nouveau régime politique est en train de s’installer. Loin d’une simple crise de la démocratie, Asma Mhalla dénonce un « fascisme spectacle » et un « totalitarisme soft » où notre attention est la cible. Le cirque incessant de Coin-coin n’est pas qu’une mauvaise hallucination. Les boufons sous Ketamine sont en train de nous la coller dans les grandes largeurs. L’enchevêtrement redoutablement efficace entre technologies, grandes plateformes, pouvoir politique et puissance de l’argent montre comment cette alliance infiltre la politique, la géopolitique, nos vies quotidiennes, et dessine en creux plusieurs futurs possibles (globalement de merde).

Rien n’est écrit d’avance, mais une chose est sûre : comprendre est devenu une condition préalable pour agir.

L’Europe : arbitre sans sifflet

Dans ce contexte, l’Europe et la France apparaissent reléguées sur le banc de touche face aux États-Unis, à la Chine et à la Russie. Faute de stratégie de puissance, l’Europe tente de contenir par le droit ce qu’elle ne maîtrise pas technologiquement. Et c’est peu dire que c’est pas grand chose. Mais bon.

Quel avenir bordel ?

Reste la question centrale : que faire ? Asma Mhalla explore plusieurs pistes — co-gouvernance transatlantique, retour du lien nation-armée, émergence d’un « Big Citizen » — autant de tentatives pour redistribuer les cartes du pouvoir et du débat démocratique. L’enjeu est clair : éviter d’être aspirés par l’hypervitesse et la fusion incontrôlée du réel et du virtuel. De mon point de vue, la sortie la plus crédible — mais bon — passe par la reconquête de notre indépendance. Quitte à faire un peu sourire mais je m’en fous, en 2026, avec mon copain Stéphane Chauvin : on lance notre propre IA.

Nous voulons faire de chaque territoire un territoire qui maîtrise mieux son rapport au numérique

J’ai passé une large partir de ma vie à battre et rebattre la campagne (j’habite à Niort dans les Deux-Sèvres) pour convaincre encore et encore les élu.e.s, patrons de boîtes, gens de prendre le numérique au sérieux. De son développement, à son hébergement, jusqu’à son usage concret dans la vie de ses habitant.e.s, ses entreprises et ses institutions locales. L’IA ne doit pas être une boîte noire inaccessible. Les réseaux sociaux ne doivent pas être q’une propagande dangereuse et toxique. Le numérique peut également être une technologie au service du bien commun, compréhensible, auditable et responsable. Par tous et pour tous. Pour ça, tournezou, virezou, une seule alternative : développer ça nous-mêmes, chez nous, ensemble. Voilà. C’est les fêtes de fin d’année, on a encore bien le droit de rêver un petit peu ou bien ?

Je vous embrasse, bonnes fêtes et à l’année prochaine.

La Maladie de Sachs (suite)

Mettons les choses au clair. Martin Winckler a très clairement répondu à mon précédent post sur son blog « Je regrette sincèrement la dédicace de « La Maladie de Sachs » le 12 novembre dernier.
Il a reconnu le problème.
Il a présenté des excuses publiques, écrites, assumées.
Sur ce point, je n’ai strictement rien à lui reprocher.

Le problème est désormais ailleurs.

À ce jour (mardi 30 décembre 2025), les éditions P.O.L. maintiennent en ligne, sur leur site, la dédicace originale de La Maladie de Sachs, mentionnant toujours le nom de Christian Koenig — l’homme qui a assassiné ma mère en 1992, condamné par contumace.

Ce n’est plus une question de débat.
Ce n’est plus une question d’ignorance.
Ce n’est plus une question d’auteur.
C’est une question d’exécution – si je puis m’exprimer ainsi*

Supprimer une dédicace d’une page web doit prendre environ deux minutes trente. Un coup de blanco sur l’écran et zou. Il n’y a ni obstacle technique, ni complexité juridique, ni aucune justification éditoriale valable. Juste une forme de paresse, oubli, inconséquence, on verra ça plus tard, trois petits points.

À partir du moment où l’auteur lui-même reconnaît que cette dédicace est une erreur, le maintien en ligne par l’éditeur devient un choix.

Et ce choix est, pour les proches de la victime, à force, pénible.

Je ne demande rien d’extraordinaire.
Je ne réclame ni excuses supplémentaires, ni discours, ni mise en scène.
Je demande simplement que cesse, aujourd’hui, l’exposition publique du nom d’un assassin sur le site d’un éditeur reconnu.

Il est temps que les équipes techniques de P.O.L. retirent leurs moufles.
Et fassent ce qui aurait déjà dû être fait. Depuis bien longtemps.

J’attends.

Capture d’écran réalisée à partir du site de l’éditeur : https://www.pol-editeur.com/index.php?spec=livre&ISBN=978-2-86744-603-0 | Nous sommes le mardi 30 décembre 2025.

* Maman avait beaucoup d’humour.

Lydia : une IA locale et souveraine qui combine le meilleur des deux mondes

Genèse du projet

Avec Stéphane Chauvin, nous avons créé Lydia, un plugin WordPress qui répond à une question simple : et si votre site avait sa propre intelligence artificielle ?

Pas une IA générique connectée à un fonds de pension US sous kétamine. Non. Une IA locale qui connaît votre site, comprend votre contenu, et peut réellement aider vos visiteurs à s’orienter. Et dont vous connaissez au moins un des deux fondateurs puisque c’est moi 😃

Le principe est simple

Lydia combine trois sources de connaissances :

  1. Mistral AI – L’intelligence artificielle française, développée dans le respect des valeurs européennes
  2. Le contenu de votre site WordPress – Vos articles, vos pages, votre expertise
  3. Wikipedia (optionnel) – Pour enrichir les réponses avec des connaissances générales

Le résultat ? Une IA qui peut à la fois vous expliquer un concept général ET vous orienter vers le bon article de votre site. Le meilleur des deux mondes.

Pourquoi nous avons fait ça ?

Parce que nous croyons à la souveraineté numérique. Vos données restent chez vous. L’IA tourne sur votre serveur, utilise votre contenu, et répond à vos visiteurs. Rien n’est stocké ailleurs. Tout est transparent.

C’est aussi une façon concrète de montrer qu’on peut faire du numérique local, compréhensible, et maîtrisé. Pas besoin de dépendre d’une boîte noire US ou d’un algorithme opaque.

Comment ça marche (vraiment) ?

Quand un visiteur pose une question à Lydia :

  1. Le plugin cherche dans votre contenu WordPress les articles pertinents
  2. Il consulte Wikipedia si besoin (et si vous l’avez activé)
  3. Il envoie tout ça à Mistral AI avec la question
  4. Mistral génère une réponse en français, en citant ses sources
  5. Le visiteur obtient une réponse précise avec des liens vers vos pages

Techniquement, c’est du RAG (Retrieval Augmented Generation) appliqué à WordPress. Concrètement, c’est juste une IA qui sait de quoi elle parle quand elle parle de votre site.

Installation en 15 minutes

On a voulu que ce soit vraiment simple :

  1. Créez un compte gratuit sur Mistral AI
  2. Téléchargez le plugin
  3. Installez-le sur WordPress comme n’importe quel plugin
  4. Collez votre clé API Mistral
  5. Ajoutez simplement le code dans une page.

C’est tout. Lydia est en ligne. Exemple concret : https://jcgilbert.fr/lydia/

Ce que Lydia ne fait PAS

Soyons clairs pour éviter toute confusion :

  • ❌ Lydia ne modifie pas votre site
  • ❌ Elle ne stocke pas les conversations
  • ❌ Elle n’envoie pas vos données ailleurs qu’à Mistral (entreprise française, RGPD-compliant)
  • ❌ Elle ne fait pas le café (encore)

Open source et gratuit

Le plugin est 100% gratuit et le code est ouvert. Vous pouvez le modifier, l’adapter, l’améliorer. C’est fait pour être partagé.

Le seul coût, c’est l’API Mistral, qui fonctionne en pay-as-you-go. Mistral offre des crédits gratuits pour tester, et ensuite c’est environ 0,001 à 0,003€ par question. Pour vous donner une idée : 1000 visiteurs qui posent 2 questions chacun = 6 à 18€/mois selon le modèle choisi.

Pour aller plus loin

Si le projet vous intéresse, vous pouvez :

Pourquoi « Lydia » ?

Parce qu’une IA locale mérite un prénom. Simple, direct, mémorable. Et puis c’est plus sympa que « WordPress-RAG-Plugin-v1.0« .


Développé par Jean-Christophe Gilbert et Stéphane Chauvin
Propulsé par Mistral AI
Dans le cadre du projet IA1.fr – Intelligence Artificielle locale

Coin-coin et le porteninwouak quotidien

Quelques mots sur la nouvelle stratégie de sécurité nationale de l’administration Trump, qui formalise les uppercuts de J.D. Vance lors de la conférence de Munich en février dernier et le porteninwouak quotidien de Coin-coin.

1. Avec la complicité des droites identitaires européennes

D’abord, c’est une stratégie. Aussi débile et dangereuse soit-elle, elle assume son ingérence dans les affaires européennes pour en « corriger la trajectoire ». Avec la complicité des droites identitaires du continent, dont elle reprend les éléments de langage – le document parle d’un « effacement civilisationnel » et installe des barricades contre la « subversion culturelle » (comprendre, toute notion d’égalitarisme ou de droit républicain).

Cela signifie que les ingérences d’Elon Musk, et son soutien appuyé à l’AfD lors des dernières élections fédérales en Allemagne, n’étaient qu’un apéritif.

Du Venezuela au Honduras en passant par le Chili ou l’Argentine, les États-Unis renouent avec une tradition très interventionniste en Amérique latine ; quels seront les cobayes européens de ce colonialisme assumé ? J’ai ma petite idée là-dessus.

2. Le rejet commun du multilatéralisme

Ensuite, l’insistance sur l’État-nation comme « unité du système international », ainsi que le souligne Maya Kandel dans Mediapart. Ce prisme national-conservateur peut sembler incompatible avec les velléités sécessionnistes des technofascistes, qui veulent le dépasser et consteller le monde de leurs zones économiques spéciales.

Mais ces deux mouvements partagent le même rejet du multilatéralisme, des institutions et peut-être par-dessus tout, du droit international.


La Maison Blanche les fait tenir ensemble dans une formule qui synthétise sa feuille de route pour l’Occident : « Enlist and expand ». Autrement dit : enrôler des peuples dans un récit civilisationnel de domination, puis étendre une souveraineté fondée sur l’infrastructure et le contrôle des ressources en dévorant les zones à faible densité institutionnelle. Pensez au Groenland comme un ballon d’essai, et au plan pour l’IA de Trump comme son ambition hégémonique.

3. La synthèse Peter Thiel et J.D. Vance

Enfin, c’est pourquoi Peter Thiel – et sa créature politique J.D. Vance – catalysent le moment politique actuel : en fonctionnalisant cette friction entre la droite religieuse et le capital-risque, entre le langage théologique d’une Amérique fondée sur son alliance avec Dieu et le jargon du capitalisme financier, ils agrègent l’entreprise de démolition démocratique. Pour combien de temps ? Mystère.

Mais la séquence se durcit encore et toujours, avec son cortège d’ennemis désignés et d’amis conditionnels.


Note : Cette analyse sur les implications de la nouvelle stratégie de sécurité nationale américaine n’est pas de moi mais de Olivier Tesquet. Elle résonne profondément avec ma propre quête de compréhension des fractures politiques et idéologiques actuelles. Je la partage ici pour nourrir notre réflexion collective.