Ce 6 août, il m’est arrivé un truc que je n’avais pas vu venir : j’ai donné ma première interview sur IA Nature. C’était pour Définition IA, un média spécialisé, et c’est Mahdi Mesbahi qui tenait le crayon. Je ne vais pas jouer les blasés : ça m’a fait plaisir. Quand vous portez une idée qui rame à contre-courant, voir un type de l’extérieur s’y intéresser et la cuisiner sérieusement, c’est une forme de validation. Pas de l’idée — celle-là, il faudra encore la prouver — mais du fait qu’elle mérite qu’on en cause.
Pourquoi je me suis fourré là-dedans ?
On m’a demandé ce qui m’avait poussé à monter IA Nature. La vraie réponse tient en un prénom : Tom. Mon petit-fils. Deux ans. Depuis que je suis grand-père, j’ai une idée fixe : que demain — et surtout après-demain — soit un peu moins pourri qu’aujourd’hui. L’intelligence artificielle va peser lourd dans ce demain-là. Et je n’ai pas envie de la subir en consommateur à la con qui gobe comme une andouille toutes les conneries de la terre. Je préfère être dans quelques chose d’un peu plus citoyen, même modestement, même à ma petite échelle. L’histoire du Colibri.
Ce que je défends : Une IA citoyenne. Point.
Une IA dont le contrôle serait public, libre, local et autonome. Et je précise toujours la même chose, parce qu’on me la ressort à chaque fois : je suis chef d’entreprise, je l’ai toujours été, et je n’ai rien contre le privé. Il ne s’agit d’interdire quoi que ce soit à personne. Juste de se demander si, à côté des gros acteurs, il ne devrait pas exister un projet collectif et citoyen.
Parce que la connaissance, le savoir, l’information, ça devrait pour partie rester dans la sphère publique. Gratuit. Comme l’air qu’on respire. Quand l’électricité est devenue vitale, on a monté des réseaux publics. Quand l’école l’est devenue, on a créé un service public. Pourquoi l’IA passerait-elle à travers les mailles ?
Je n’ai pas toutes les réponses
Mahdi ne m’a pas fait de cadeaux, et tant mieux. On a tapé dans les vrais points d’inconfort : la transparence des modèles, le risque de biais dans le choix des sources, mon pari sur Mistral AI — que j’assume « faute de mieux » —, le modèle économique.
Sur pas mal de ces sujets, je n’ai pas de réponse dans la poche. Tout est à inventer. Je ne crois qu’en une chose : l’expérimentation, la vraie, celle qui se cogne au réel. C’est pour ça que j’ai proposé un agent IA pilote à la Ville de Niort — gratuit les premiers mois, pensé comme un service public parmi d’autres. Le dossier est sur le bureau des services concernés. J’attends.
Lire l’interview
Si vous voulez le détail, l’entretien complet est ici :
👉 « Qu’est-ce que l’IA citoyenne ? Interview de Jean-Christophe Gilbert » — Définition IA, par Mahdi Mesbahi.
