GEO

« Le SEO est mort » : vu de Niort, Google se porte très bien, merci

22 octobre 2026 Jean-Christophe Gilbert 4 min read

Depuis deux ans, LinkedIn m’annonce en boucle la fin de Google. Juste pour voir, j’ai analysé avec mon crayon et ma calculette les statistiques. Les chiffres me racontent une autre histoire.

La prophétie catastrophique de la fin des fins

Vous les avez vus passer comme moi ces posts. « Le SEO est mort. » « Google, c’est fini. » « Si vous n’êtes pas cité par ChatGPT, vous n’existez plus. » En général, ils se terminent par une offre d’audit GEO, l’optimisation pour les moteurs génératifs, à un tarif qui fleure bon la nouveauté #rires

Je ne dis pas que ce sont des couenneries. J’ai écris moi-même des articles sur le sujet. Les usages changent, c’est vrai. Mais à force de lire que la maison brûle, j’ai eu envie d’aller vérifier par la fenêtre. Ma fenêtre à moi donne sur mon jardin, à Niort, dans les Deux-Sèvres. Et de là, la maison a l’air plutôt solide.

Ce que disent les chiffres, sans filtre

J’ai regardé la moyenne globale de mes sites BtoB. Des PME. Rien d’exotique. Sur les quatre dernières semaines, du 24 septembre au 21 octobre 2026, voici d’où sont venues les visites :

SourcePart des visites
Google (recherche naturelle)37 %
Assistants IA (ChatGPT, Gemini…)2 %

En moyenne, Google apporte 17 fois plus de visites que toutes les IA réunies. Voilà.

Octobre 2026

Et le petit détail qui piquotte : sur la même période, Bing à lui seul envoie plus de visiteurs que toutes les IA. Oui, Bing, celui dont personne ne parle jamais. Sur LinkedIn ou ailleurs…

Alors, le GEO, c’est du vent ?

Non. Et c’est là que je veux être honnête, parce que ces chiffres ont aussi des nuances.

L’IA progresse vraiment. En un mois, sa part dans les visites a doublé, passant d’environ 1 % en septembre à 2 % aujourd’hui. Sur certains sites, elle approche déjà les 6 %. La courbe monte. Elle part simplement de très bas.

L’IA est un peu sous-estimée. Quand quelqu’un copie une adresse depuis une réponse de ChatGPT ou clique depuis une application mobile, la visite arrive souvent sans indication de provenance. Elle se range alors dans « accès direct ». Une partie du trafic IA est donc invisible dans les statistiques.

Une partie de « Google » est déjà de l’IA. Les résumés générés en haut des résultats de recherche font partie de Google. Les clics qui en viennent sont comptés comme de la recherche classique.

Mais même en tenant compte de tout ça, on ne passe pas de 17 contre 1 à l’égalité. Pas cette année, et pas à Niort.

Ce que j’en retiens pour une PME

Le référencement Google reste la priorité. C’est lui qui amène les clients aujourd’hui. Un site lent, mal structuré ou sans contenu local perd des visites réelles, maintenant, pas dans cinq ans.

Le GEO n’est pas un métier à part. Ce qui aide une IA à comprendre et citer une entreprise, c’est la même chose que ce qui aide Google : un site clair, qui dit précisément ce que fait l’entreprise, où elle intervient, pour qui, avec des réalisations concrètes. Le travail bien fait sur le SEO prépare le terrain pour l’IA. L’inverse est beaucoup moins vrai.

Mesurez avant de paniquer. Avant d’acheter une stratégie anti-fin-du-monde, ouvrez votre Google Analytics et regardez la ligne « Source / Support ». Dix minutes suffisent pour savoir où vous en êtes. Votre réalité n’est peut-être pas celle d’une start-up parisienne qui vend des logiciels à des développeurs branchouilles.

Le mot de la fin

Les tendances qu’on lit sur LinkedIn sont souvent vraies quelque part. Elles sont rarement vraies partout, et presque jamais au même rythme. Dans les Deux-Sèvres, en octobre 2026, Google fait encore l’essentiel du travail. Les IA arrivent, je les suis de près, et je prépare les sites que j’accompagne à leur arrivée.

Mais je ne vais pas enterrer le patient tant qu’il court plus vite que tout le monde ou, comme on dit dans le marais Poitevin, compter les oeufs dans le cul de la poule.