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Principe « Allons enfants »

1 octobre 2026 Jean-Christophe Gilbert 2 min read

Le principe de cette websérie vient direct de Raymond Queneau, qui racontait dès 1947, dans « Exercices de style », la même anecdote de 99 façons. Ce principe s’inscrit dans l’esprit de l’Oulipo, mouvement artistique fondé sur une conviction simple : la contrainte pousse à inventer. Georges Perec écrira ainsi un roman entier sans utiliser la lettre « e ».

Une idée que l’on retrouve aussi en musique. Dans les années 1970, Brian Eno et Peter Schmidt imaginent les « Oblique Strategies » : un jeu de cartes proposant des contraintes créatives, parfois déroutantes, destinées à sortir les musiciens de leurs automatismes. Eno les utilisera notamment lors de ses collaborations avec David Bowie.

Quelques décennies plus tard, Pharrell Williams et Chad Hugo, avec The Neptunes, pousseront à leur manière cette logique de cadre créatif : un vocabulaire sonore immédiatement identifiable, mais capable de se réinventer d’un artiste à l’autre et d’un morceau à l’autre. Au début des années 2000, leur empreinte sur la musique est considérable (10% du top billboard US).

De Queneau à Eno, de Bowie à Pharrell, on retrouve finalement la même intuition : la liberté créative ne naît pas nécessairement de l’absence de règles. Elle peut, au contraire, naître de la règle elle-même.

« Allons enfants » part de ce paradoxe. Ici, une seule chose est intangible : le texte de La Marseillaise. On n’y touche pas. Tout le reste est terrain de jeu.

Comme aimaient le dire les oulipiens, nous sommes des « rats qui construisent eux-mêmes le labyrinthe dont ils se proposent de sortir ».