Ma résistance à moi, pour 2026, ce sera donc de rester plein gaz quand tout partira en brioche.
Bon, ma résistance, c’est pas Jean Moulin non plus, on est d’accord. L’idée générale c’est juste de refuser de se laisser écraser dominer par la peur la panique ou le renoncement. Garder la ouache. Ne pas faire semblant de. Ne pas nier la douleur. Décider de ne pas la laisser gagner. De continuer à voir ce qui tient encore debout, les petits bouts d’éclats de lumière, même quand l’ambiance générale tire gravement vers le dark.
Parce qu’en face, faut reconnaître : ça pousse fort. Les guerres culturelles de l’extrême droite, leurs discours identitaires bien rodés, leur présence partout — dans les médias, les réseaux, les milieux d’affaires — finissent par me coller les chocottes. Pas que moi. Pour nous, les fondu.e.s qui tiennent encore un petit peu à deux trois principes de libertés : l’horizon se rétrécit. Grave. La haine et la peur occupent le terrain ; la démocratie s’effrite doucement mais surement, là, maintenant, sous nos yeux, partout, on sent bien que nos libertés se rétrécissent à mesure que la fenêtre d’Overton devient une baie vitrée.
L’hymne à la joie
Même quand la gauche part en lambeaux et la droite à la rue (et inversement) ; quand les médias Bolloréo-réactionnaires carburent à pleine banane, que Coin-coin déconne à plein tuyaux et que le monde entier bascule, eh bien quelque chose résiste. Par en bas. Des collectifs, des assos, des syndicats, des artistes, des médias indépendants, des gens et des trucs s’organisent. Ça ne fait pas toujours la une, mais c’est bien réel. Cette résistance a besoin de bras, de têtes, d’argent, de solidarité. Et aussi, bien sûr, d’un peu de joie. Eh oui. Une joie têtue, pas niaise. Une joie qui tient debout, qui donne de l’énergie, qui empêche la peur de faire la loi. Parce que sans ça, on s’épuise. Et eux, ils n’attendent que ça. Je ne mépuiserais pas en 2026, et que ce premier texte de l’année serve au moins à bien caler ça bien droit : « Résister, c’est refuser de céder au désespoir« . On dira ce qu’on voudra sur Jean-Paul Sartre, mais celle-là, elle est de lui, et elle est pas mal.
Bonne année.
